Mygale à genoux oranges du Mexique (Brachypelma hamorii, ex smithi) : fiche d’élevage
La mygale à genoux oranges du Mexique (Brachypelma hamorii, longtemps appelée Brachypelma smithi) est une grande mygale terricole docile. C’est aussi une espèce protégée par la CITES, dont la détention est encadrée par la loi. Avant de craquer, lis bien cette fiche car une Brachypelma hamorii t’accompagnera potentiellement plus de 20 ans.
Brachypelma hamorii – Insectes et Compagnie
Brachypelma hamorii ou Brachypelma smithi ?
Si tu la connais sous le nom de Brachypelma smithi, c’est normal : pendant des décennies, cette mygale a été vendue et élevée sous ce nom. Brachypelma hamorii n’a été décrite comme espèce distincte qu’en 1997, puis une révision complète des mygales à genoux rouges, menée par Mendoza et Francke en 2017, a clarifié les choses : Brachypelma hamorii et Brachypelma smithi sont deux espèces proches mais bien séparées, notamment par le bassin du fleuve Balsas au Mexique.
Conséquence directe : une grande partie des mygales vendues comme smithi en terrariophilie sont en réalité des Brachypelma hamorii, qui occupe la côte pacifique (Jalisco, Colima, Michoacán), tandis que la vraie smithi se concentre plus au sud, dans le Guerrero. Si tu as acheté ta mygale sous le nom de smithi ces dernières années, il y a de fortes chances que ce soit une hamorii.
Côté nom commun, c’est tout aussi flou. On l’appelle couramment mygale à genoux rouges ou mygale mexicaine, mais son nom exact est plutôt mygale à genoux orange : ses rotules tirent sur l’orange, là où la véritable smithi affiche un rouge plus vif. La Brachypelma hamorii appartient à la famille des Theraphosidae, celle des mygales, et compte plusieurs cousines mexicaines aux couleurs proches : Brachypelma boehmei, Brachypelma emilia ou encore Brachypelma auratum.
Législation : une espèce protégée par la CITES
Information importante : Insectes et Compagnie fournit une information générale et pédagogique. Ce site ne délivre aucune autorisation légale et ne se substitue pas aux autorités compétentes. Avant toute acquisition, renseigne-toi auprès de la DDPP ou des services vétérinaires de ton département en France, ou de l’autorité compétente de ton pays.
La Brachypelma hamorii est une espèce protégée. Le genre Brachypelma figure à l’annexe II de la CITES : Brachypelma smithi a été, en 1985, la première espèce d’araignée jamais inscrite à la CITES, à une époque où hamorii n’en était pas encore distinguée, puis l’ensemble du genre a été ajouté en 1994. Décrite seulement en 1997, la Brachypelma hamorii est donc couverte par cette protection. En 2018, l’UICN l’a par ailleurs classée espèce vulnérable. Sa détention est encadrée par la loi.
En France, maintenir une Brachypelma hamorii nécessite en principe un certificat de capacité (CDC) et une autorisation des services vétérinaires de ton département. C’est une espèce protégée : renseigne-toi sur l’ensemble des démarches avant de te lancer, et privilégie toujours un animal né en captivité (NC), accompagné de ses documents.
Pour les lecteurs belges : en Belgique, la détention de cette espèce peut être autorisée sans certificat de capacité. Les règles diffèrent d’un pays à l’autre, et même d’une région à l’autre : vérifie systématiquement les conditions applicables chez toi auprès de l’autorité compétente.
Quelle taille fait la Brachypelma hamorii ?
Adulte, la Brachypelma hamorii atteint une envergure d’environ 15 cm, pattes déployées. Le corps seul, sans les pattes, mesure de 4 à 6 cm. C’est une mygale trapue et imposante, bien plus large que la plupart des araignées que l’on élève.
Mâle et femelle affichent une envergure comparable, mais la femelle est plus robuste et surtout beaucoup plus longévive. C’est la différence marquante chez la Brachypelma hamorii : une fois adulte, le mâle ne vit plus que 1 à 2 ans, quand la femelle continue de vivre une décennie ou plus.
La Brachypelma hamorii est-elle dangereuse ?
Non, la Brachypelma hamorii n’est pas une mygale dangereuse pour l’homme. Elle est calme, docile, et se montre très rarement agressive : sur une échelle de dangerosité du venin, elle se situe autour de 1 sur 5. C’est justement ce tempérament qui en fait une espèce si populaire.

Sa vraie défense n’est pas la morsure mais les soies urticantes : quand elle se sent menacée, elle frotte ses pattes arrière sur son abdomen pour projeter un nuage de poils irritants, ce qu’on appelle le « bombardement ». Ces soies provoquent des démangeaisons sur la peau et sont particulièrement gênantes pour les yeux et les voies respiratoires. En cas de morsure, rare et purement défensive, les symptômes possibles sont une douleur au point d’inoculation, une sensation de brûlure, des fourmillements, un engourdissement, parfois des sueurs ou des nausées, qui s’estompent en moins de 48 heures.
Malgré sa docilité et ce qu’on peut voir sur internet, il ne faut jamais manipuler une mygale pour le plaisir : c’est une source de stress pour elle, et ce n’est pas sans risque pour toi. Une Brachypelma hamorii est une espèce à observer, pas à prendre en main. Si tu cherches un arachnide plus petite, tourne-toi plutôt vers une araignée sauteuse Phidippus regius.
Quel terrarium pour la Brachypelma hamorii ?
Un terrarium de 30x30x30 cm convient à un adulte. La Brachypelma hamorii est une mygale terricole : elle grimpe rarement, donc privilégie la surface au sol plutôt que la hauteur, à l’inverse d’une espèce arboricole comme la Barylestis scutatus.
Trois éléments sont indispensables. Une couche de substrat d’environ 10 cm de tourbe blonde, car cette mygale creuse un terrier et a besoin de matière pour cela. Une cachette, idéalement placée au-dessus de l’entrée du terrier pour la dissimuler et lui offrir un peu d’intimité. Et un abreuvoir avec une réserve d’eau propre en permanence : la Brachypelma hamorii boit régulièrement, régule son humidité elle-même et vient parfois s’y baigner. Prévois aussi un chauffage avec thermostat, car elle apprécie une température plus élevée que d’autres mygales.
L’entretien est simple : retire les restes de repas à la pince et veille à ce que l’abreuvoir reste toujours propre et rempli.
Température et humidité
- Température le jour : 25 à 27°C.
- Température la nuit : autour de 22°C.
- Hygrométrie : environ 50 %.
La Brachypelma hamorii est une espèce plutôt sèche : inutile de maintenir une forte humidité. Une seule vaporisation par semaine suffit, et c’est surtout la gamelle d’eau qui lui permet de gérer ses besoins en humidité toute seule. Évite l’humidité stagnante, qui lui est bien plus néfaste qu’un air un peu sec.
Que mange la Brachypelma hamorii ?
La Brachypelma hamorii mange peu souvent : une proie par semaine pendant la croissance, puis tous les 10 à 15 jours une fois adulte. Inutile de la nourrir en continu, c’est une mygale à métabolisme lent. Les proies doivent être adaptées à sa taille : blattes, criquets ou grillons font parfaitement l’affaire.
Une exception importante : après une mue, laisse ta Brachypelma hamorii deux semaines sans manger, le temps que ses pièces buccales durcissent (voir plus bas).
Recueil d'un Entomologiste : Élevage de Phidippus regius
Le guide illustré de référence pour l'élevage de Phidippus regius : terrariums, alimentation, reproduction et bien plus. Plus de 50 pages couleur pour progresser rapidement.
Disponible sur Amazon : 17,92 €Longévité : un engagement de plus de 20 ans
Une Brachypelma hamorii peut vivre plus de 20 ans. Elle met déjà 3 à 5 ans à devenir adulte. Ensuite, le mâle ne vit plus que 1 à 2 ans, tandis que la femelle vit encore 10 à 15 ans supplémentaires. Adopter cette mygale, surtout une femelle, c’est donc un engagement sur le très long terme, à mesurer avant de se lancer.

La mue de la Brachypelma hamorii
Si tu retrouves ta Brachypelma hamorii sur le dos, pattes en l’air, pas de panique : elle prépare tout simplement sa mue. Laisse-la faire, tu ne peux pas l’aider, et la déranger à ce moment lui serait néfaste.
Après la mue, respecte impérativement deux semaines sans nourrissage. Ses pièces buccales sont encore molles, et si elle se blesse en tentant d’attraper une proie, elle risque de ne plus pouvoir se nourrir du tout. Cette patience évite un accident qui peut lui être fatal.
La Brachypelma hamorii est vraiment une bonne mygale pour débuter : docile, robuste, et sa reproduction est courante en captivité, ce qui permet de trouver facilement des spécimens nés en captivité. À condition, toujours, de respecter la loi avant de te lancer.
Aller encore plus loin
Si cette fiche t'a plu, tu vas adorer le guide complet Recueil d'un Entomologiste : Élevage de Phidippus regius : plus de 50 pages couleur, des paramètres détaillés et toutes les astuces que j'ai accumulées sur le terrain.
Découvrir le livre sur Amazon : 17,92 €