Escargot géant : Lissachatina fulica

Généralités :

            Lissachatina fulica (ou escargot géant Africain), est une espèce de grand gastéropode décrit en 1821 par Férussac, originellement sous le nom d’Helix fulica, puis connu ensuite en tant qu ‘Achatina fulica. Typiquement, les adultes possèdent une coquille conique brune-rougeâtre de 5 à 10 cm avec un pied gris, bien que des spécimens géants de plus de 20cm aient été observés dans la nature (Proc. Hawaii. Entomol. Soc (Vol. 22)). En captivité, il est assez fréquent de trouver des adultes de plus de 11cm. Selon les différents éleveurs, cette espèce peut vivre plus de 8 ans si elle est bien maintenue. Elle habite tout types d’environnement tropicaux et subtropicaux. Originaire d’Afrique, elle a été introduite dans de nombreux pays et fait aujourd’hui partie des 100 pires espèces invasives.

Lissachatina fulica – Aubin Bernard

Il existe sur le commerce 4 mutations de coloris chez cette espèce, chacune pouvant présenter de légères variations individuelles :

– « Wild Color » : coquille brune et pied gris, la couleur     retrouvée à l’état sauvage.

– « Rodatzi » : coquille café et pied gris.

– « Jadatzi » : coquille café et pied blanc.

– « White jade » : coquille brune et pied blanc.

Différentes morphes Lissachatina fulicaSakizciPetSnails

Mode de vie :

            Le rythme circadien de ce gastéropode n’est pas influencé par la température ou la luminosité, mais par son taux d’hydratation. Il devient notamment actif lorsque l’humidité relative de l’air dépasse 50 %, le plus souvent donc la nuit. Il faut donc veillez à garder une bonne humidité en pulvérisant abondamment le terrarium le soir. Les témoignages d’éleveurs rapportent que les adultes sont plus actifs que les juvéniles et sortent à toute heure. Les gros escargots ont également souvent un comportement de « homing », c’est-à-dire qu’ils s’enterrent pour passer la journée au même endroit que la veille (Raut, S., & Barker, G. (2002)). Des causes multifactorielles, comme le manque de nourriture, la température ou bien l’hygrométrie induisent une estivation chez cette espèce (Rahman, M. D., & Raut, S. K. (2010, June)). Les escargots vont alors synthétiser un épiphragme pour se protéger de la déshydratation excessive. Une espèce cousine, A. marginata, peut ainsi rester 4 mois en dormance (Stiévenart, C. (1997)).

Alimentation :

            En captivité, L. fulica accepte volontiers tout types de végétaux (fruits et légumes du commerce épluchés, plantain, flocons d’avoine,…). Un apport en calcium suffisant doit impérativement être fournit en permanence afin d’assurer une croissance optimale de l’individu (Tchakounte, F. M. et cie (2019)). Un os de seiche semble le plus pratique et est conventionnellement utilisé. Par observation personnelle, il est préférable de changer l’os lorsque le centre friable à été consommé, l’escargot risquant de « bouder » le contour dur. Une alimentation la plus diversifiée possible est nécessaire pour combler tous les besoins nutritifs si des aliments bruts sont donnés. L’apport en protéines est un point à ne pas négliger, les lissachatina se développant mieux avec un taux de protéines élevé dans leurs aliments (Sika, S. N. A. et cie (2015)). Il est ainsi possible de les supplémenter avec des paillettes pour poissons de bonne qualité afin de s’assurer qu’ils n’en manque pas. Certains éleveurs donnent à leurs escargots les proies décongelées refusées par les serpents ; ils semblent d’ailleurs en raffoler.

Croissance et reproduction :

            L. fulica peut se reproduire à partir de 5 mois dans de bonnes conditions et va produire le plus d’œufs entre 7 et 9 mois. Les pontes comprennent entre 100 et 200 œufs par escargot, avec un temps d’incubation allant jusqu’à 25 jours (AWSON, P. A., & CHASE, R. (1984)). Ils sont pondus en grappe, souvent profondément dans le substrat humide. L. fulica est hermaphrodite synchrone, les deux escargots stockent le sperme de l’autre et l’utilisent pour féconder leurs ovocytes. Cependant, dans de rares cas (environ 3% des individus), un escargot élevé seul peut produire une couvée viable par autofécondation, bien que la taille des pontes et le taux d’éclosion soient plus faibles (Dickens, K. L. et cie (2018)).

Une fois né, l’animal va entamer une croissance qui va continuer à s’effectuer même après sa maturité sexuelle et qui va s’achever (ou du moins fortement ralentir) autour de 8 mois. À son terme, une bordure se forme au niveau de l’ouverture de la coquille. Cette croissance peut se trouver affectée par la présence d’autres congénères. En effet, bien que parfaitement sociable et pouvant être maintenu en grands groupes, L. fulica voit sa taille adulte diminuer proportionnellement à la densité d’individus par bac d’élevage (Noumonvi, C. G. R. et cie (2012)). Un individu seul à même en moyenne une longueur de coquille plus importante que celles d’escargots élevés en duo (Dickens, K. L. et cie (2018)). Cela pourrait s’expliquer, d’après les auteurs, par une concurrence pour la nourriture, par des exsudats chimiques qui stresseraient la croissance des congénères ou bien une absence de reproduction qui redirigerait alors l’énergie disponible vers le développement de l’individu.

Lissachatina fulica – Roksana Fekner

Maintien de Lissachatina fulica:

            Au vu des points abordés ci-dessus, il est possible de déduire le type d’installation optimale pour le développement de cette espèce :

Un terrarium fermé suffisamment grand pour accueillir un individu de plus de 10cm, qui soit capable d’assurer une forte hygrométrie, avec un pic d’humidité en début de soirée ;

– Une bonne épaisseur de substrat, au moins 8cm pour permettre à l’escargot de s’enterrer ;

– Une source de calcium et de protéines toujours à disposition et une alimentation quotidienne à base de végétaux frais (attention aux pesticides) ;

– Au vu de la concurrence pour l’espace et les ressources ainsi qu’une reproduction difficilement contrôlable, un seul individu par terrarium.

Sa capacité à s’accommoder à tous types d’environnement, son omnivorie, sa résistance aux conditions défavorables, sa reproduction rapide et sa capacité à pouvoir s’autoféconder fait que cette espèce, tout particulièrement, ne doit jamais être relâchée.

Fiche réalisée par Chamallow_Sauvage, 07/2022

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Si tu souhaites lire en découvrir plus sur d’autres escargots géants, n’hésites pas à lire mon article sur les Archachatina en cliquant ici.

Bibliographie :

Dickens, K. L., Capinera, J. L., & Smith, T. R. (2018). Laboratory assessment of growth and reproduction of Lissachatina fulica (Gastropoda: Achatinidae). Journal of Molluscan Studies, 84(1), 46-53.

Noumonvi, C. G. R., Lougbegnon, O. T., Daouda, M., & Codjia, J. T. C. (2012). Influence de la densité de populations sur les performances de croissance de Archachatina marginata (Swaison) en élevage contrôlé.

PAWSON, P. A., & CHASE, R. (1984). The life-cycle and reproductive activity of Achatina fulica (Bowdich) in laboratory culture. Journal of Molluscan Studies, 50(2), 85-91.

Rahman, M. D., & Raut, S. K. (2010, June). Factors inducing aestivation of the giant African land snail Achatina fulica Bowdich (Gastropoda: Achatinidae). In Proceedings of the Zoological Society (Vol. 63, No. 1, pp. 45-52). Springer-Verlag.

Raut, S., & Barker, G. (2002). Achatina fulica Bowdich and other Achatinidae as pests. Molluscs as crop pests, 55.

Sika, S. N. A., Karamoko, M., Bouye, T. R., Otchoumou, A., & Kouassi, K. P. (2015). Effet de la teneur en protéines alimentaires sur la croissance de l’escargot Achatina fulica (Bowdich, 1720)[Effect of dietary proteins on the growth of the snail Achatina fulica (Bowdich, 1720)]. International Journal of Innovation and Applied Studies, 13(1), 85.

Snail, A. (1988). Achatina fulica. In Proc. Hawaii. Entomol. Soc (Vol. 22).

Stiévenart, C. (1997). Morphologie coquillière, croissance, reproduction et estivation chez les escargots géants africains: observations au laboratoire sur Archachatina marginata suturalis, Achatina achatina et Achatina fulica. Tropicultura, 15(4), 217-219.

Tchakounte, F. M., Kana, J. R., Azine, P. C., Meffowoet, C. P., & Djuidje, V. P. (2019). Growth and reproductive performances of African giant snail (Archachatina marginata) as affected by dietary calcium levels. Scientific Journal of Veterinary Advances, 8(1), 263-271.

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